Moustiers

Moustiers

À la suite de problèmes cardiaques, sur le conseil de son médecin, Henry Moisand et son épouse Paule décident de quitter leur lieu de vacances en Haute-Savoie pour une région moins montagneuse. Aussi, à partir de 1969, descendent-ils par la route Napoléon, se passionnant successivement pour Embrun, puis Sisteron et, enfin, Moustiers-Sainte-Marie, magnifique village dans son écrin de rochers, au pied des Alpes de Haute-Provence.

Le coup de foudre est immédiat. Tout est là. La faïence, la beauté biblique des paysages de Provence, l’histoire, celle de la faïence de Moustiers, dont la mémoire a été sauvée par Marcel Provence, et même celle de la famille, qui se découvre des ancêtres originaires du lieu.

En quelques années, sous son impulsion, plusieurs jeunes de Moustiers partent au lycée de Longchamp parfaire leur formation. Ils reviendront, parfois avec un compagnon ou une compagne de promotion, incarner le renouveau de la faïence de Moustiers, dans le respect de ses traditions du XVI°au XVIII°. Les ateliers se développent, Lallier, Bondil, Saint-Michel, etc.

Parmi les représentants de cette fièvre de renouveau créatif, citons les ateliers de Segriès (devenus Ateliers du Soleil). Installés à côté de l’austère beauté d’un monastère désaffecté, en pleine nature, ces ateliers incarnent ce qu’Henry Moisand avait pressenti, à savoir l’avenir de la faïence de qualité. Lui qui avait peiné toute sa carrière à fédérer les industries des arts de la table et leurs branches artisanales, voire artistiques, voit surgir le modèle économique du futur. Un atelier d’une quinzaine de personnes, un catalogue ancré dans la tradition, teinté de nombreuses innovations, une exigence constante d’extrême qualité, une vision mondiale de la commercialisation (exportations aux USA). C’est bien ce qu’il nous avait souvent décrit comme l’avenir de la faïence de qualité, à côté de la production de masse.
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