Henry Moisand – article nécrologique

Henry Moisand – article nécrologique

Le Bien Public, vendredi 30 avril 1982

Cette nécrologie résume bien ce qu’a été la vie d’Henry Moisand :
Henry Moisand, ancien directeur général des Faïenceries de Longchamp s’est éteint pieusement mercredi soir, à l’âge de 72 ans, des suites d’une brève maladie.

Avec M. Moisand disparaît une grande figure de la vie régionale, au cœur de laquelle son dynamisme désintéressé, son dévouement et ses compétences exercés dans de multiples domaines lui valaient une amitié et une reconnaissance unanimes.

Parallèlement à ses activités professionnelles, M. Moisand a consacré une part importante de son existence à la vie de sa commune, dont il demeurera maire de 1947 à 1977, prenant le relais des mandats que son père, et avant lui, son grand-père, assuraient depuis 1870. Parmi les nombreuses initiatives qu’on lui doit, on peut citer notamment le SIVOM de Genlis, dont il fut le président fondateur (en décembre 1971), le syndicat intercommunal de l’Arnison (en 1954) dont il était encore le président en exercice, le jumelage avec la commune allemande de Laubenheim, en 1965.

Mais l’œuvre dont il se montrait le plus fier et à laquelle jusqu’à ses tout derniers jours il consacrait ses efforts, car il était soucieux des problèmes de formation professionnelle de la jeunesse, reste le Centre d’apprentissage de Longchamp qui devint collège technique puis LEP, et dont une réalisation d’agrandissement récente a porté à 216 le nombre d’élèves.

Le Chalet où naquit et demeura Henry Moisand, dans la maison édifiée fin XIX° par son grand-père Robert Charbonnier avec les matériaux locaux: chênes, briques, tuiles.

Soucieux par ailleurs de préserver la qualité de la céramique française, M. Moisand – qui a toujours proposé des solutions modernes à un problème industriel et commercial d’importance – était président de l’Institut de céramique de Sèvres. Il a été également président des conseillers du commerce extérieur.

L’art de la table française était pour Henry Moisand un tout. Fondateur du Comité national des arts de la table, il était aussi président de la Commanderie des cordons bleus et défendait avec talent une conception très « choisie » de la gastronomie contemporaine, dans laquelle il privilégiait « l’émotion esthétique ».

M. Moisand, chrétien pétri de culture classique et de traditions, mais l’esprit tourné avec résolution vers un avenir dans lequel il se voulait actif, représentait un humanisme moderne dont il ne reste que peu d’exemples.
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